Le Contrat et la Dette: Critique de l'homoparentalité par GPA

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Résumé

Cet article soutient que la gestation pour autrui, lorsqu’elle sert de voie d’accès à la parentalité, constitue une rupture anthropologique et non une extension du droit des familles. La discussion n’est pas juridique : nous tenons pour acquises la laïcité du droit républicain, l’autodétermination des personnes et la liberté de conscience absolue, et nous admettons que la norme juridique puisse légitimement ignorer la norme morale dans une affaire de vie privée. La discussion est métaphysique, symbolique, morale et anthropologique. Trois instruments sont mobilisés. La philosophie morale kantienne établit qu’un contrat portant sur la gestation d’une personne traite l’humanité comme un simple moyen et qu’un enfant ne peut être l’objet d’une convention. La philosophie hégélienne établit que la famille appartient à l’éthicité et non à la sphère du contrat, et que sa contractualisation la fait rétrograder dans la société civile. La psychanalyse freudienne et lacanienne établit que la filiation est une dette symbolique et non un accord de volontés, et que le démembrement de la fonction maternelle en trois instances distinctes affecte l’inscription du sujet dans une généalogie. L’article prolonge un travail antérieur sur la finalité gnostique de l’inversion sexuelle pour soutenir une thèse qui pourra surprendre : c’est l’inversion elle-même qui perd à la revendication procréative, puisqu’elle y abandonne la position d’exception d’où lui venaient sa sublimation et son savoir. La norme morale ici défendue est le célibat continent, proposé comme forme de vie et non imposé comme contrainte.

Mots-clés : gestation pour autrui, homoparentalité, filiation, Kant, Hegel, éthicité, Freud, Lacan, symbolique, sublimation, célibat continent, rupture anthropologique, principe généalogique, dignité.

Abstract

This article argues that surrogacy, when used as a route to parenthood, amounts to an anthropological rupture rather than an extension of family law. The discussion is not a legal one: the secularity of French republican law, individual self-determination and absolute freedom of conscience are taken as given, and it is granted that legal norms may legitimately disregard moral norms in matters of private life. The discussion is metaphysical, symbolic, moral and anthropological. Three instruments are deployed. Kantian moral philosophy establishes that a contract bearing on the gestation of a person treats humanity as a mere means, and that a child cannot be the object of an agreement. Hegelian philosophy establishes that the family belongs to ethical life and not to the sphere of contract, and that contractualising it makes it regress into civil society. Freudian and Lacanian psychoanalysis establishes that filiation is a symbolic debt rather than a meeting of wills, and that dismembering the maternal function into three distinct instances affects the subject’s inscription within a genealogy. The article extends earlier work on the gnostic finality of sexual inversion in order to defend a thesis that may surprise: it is inversion itself that loses by the procreative claim, since it thereby abandons the position of exception from which its sublimation and its knowledge derived. The moral norm defended here is continent celibacy, proposed as a form of life and not imposed as a constraint.

Keywords : surrogacy, same-sex parenting, filiation, Kant, Hegel, ethical life, Freud, Lacan, the symbolic, sublimation, continent celibacy, anthropological rupture, genealogical principle, dignity.


François-Yassine Mansour

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