L'Intellect Sans Sujet: Critique de l'Averroïsme de Jean-Baptiste Brenet
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Cet article propose une critique vieil-hégélienne et lacanienne de la lecture que Jean-Baptiste Brenet donne de l'averroïsme dans "Averroès l'inquiétant" (2015). Là où Brenet, lisant la doctrine de l'intellect agent unique et séparé « avec Freud », valorise comme une libération la dépossession du sujet pensant et la mise en question du « je pense », nous soutenons qu'il manque la dialectique du sujet et réinstalle, sans le nommer, le drame du narcissisme pathologique. En figeant le « Je » dans une relation de fascination face à un Intellect-objet, il élude l'épreuve de la division du sujet par le langage et son institution dans le manque, condamnant le désir à une impasse spéculaire et mélancolique. À partir de la Phénoménologie de l'esprit et de la psychanalyse lacanienne, nous montrons que cette union intellective demeure prisonnière de la scission (Entzweiung) non surmontée et du moment de la sublimité, sans accéder à l'Aufhebung ni au passage du sublime au beau, c'est-à-dire du tawḥīd abstrait au Logos concret. Une contre-épreuve tirée du Talkhiṣ Kitab al-Nafs établit que, chez Averroès lui-même, l'homme demeure le sujet d'imputation de l'acte de connaître. L'étude se clôt sur deux perspectives, blondélienne et existentialiste, qui situent l'enjeu spirituel du débat.
Mots-clés : Averroès, Jean-Baptiste Brenet, Hegel, Lacan, dialectique du sujet, narcissisme, sublimité, tawhid, Blondel, Levinas.
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