De la Pulsion à la Reconnaissance : Dialectique de l’Acte sexuel et de l’Amitié
L’être humain se définit, dans la perspective spéculative héritée de l’idéalisme allemand, comme le point de tension où la nature accède à la conscience d’elle-même sans jamais s’y dissoudre entièrement. Il est cet être contradictoire chez qui la vie organique ne disparaît pas dans l’Esprit, mais y est reprise, travaillée, transfigurée. La pulsion, en ce sens, ne saurait être réduite à un simple instinct biologique : elle est l’expression obscure, encore informe, d’une exigence de subjectivité qui cherche à se reconnaître dans l’autre. Or cette exigence est d’emblée marquée par la violence, non au sens moral, mais au sens ontologique du négatif. Toute pulsion est négation d’un état donné, pression vers l’abolition de la séparation. La question décisive devient alors celle de sa destination : faut-il la supprimer dans l’assouvissement immédiat, ou la relever dans une forme supérieure par la sublimation ? L’hypothèse que l’on se propose d’examiner ici est que l’acte sexuel n’est pas, à p...