Publication de mon essai "Christianisme et Maladie: Essai sur la passion de l'être et la faiblesse de la vérité"

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Quatrième de couverture: Le théologien de la croix dit ce qui est. Cette formule lapidaire de Luther, formulée à Heidelberg en 1518, est le fil conducteur de cet essai : non pas un programme de réforme ecclésiastique, mais une thèse ontologique d'une portée considérable. Ce qui est, dans le monde tel qu'il se donne à qui consent à le regarder sans le corriger par le souhait, ce n'est pas la plénitude que l'humanisme athée rêve, ni la santé que le vitalisme célèbre. C'est l'être faible, traversé par son contraire, écartelé par le néant.

Cet essai affronte les deux critiques les plus redoutables adressées au christianisme : celle de Feuerbach, pour qui la foi est une pathologie de l'aliénation, et celle de Nietzsche, pour qui elle est le triomphe du ressentiment déguisé en amour. La figure de Blaise Pascal traverse ces deux diagnostics comme un cas clinique par excellence : géomètre de génie brisé par la transcendance pour l'un, victime exemplaire de la corruption chrétienne de l'intelligence pour l'autre. Ces deux critiques ont vu quelque chose de réel. Mais elles buttent sur une limite constitutive commune : elles refusent que la faiblesse, la passion, la souffrance puissent être une vérité ontologique plutôt qu'un symptôme à guérir. Un excursus critique montre par ailleurs ce à quoi conduit le vitalisme affirmatif de Nietzsche lorsqu'il est séparé de sa rigueur spéculative : une idolâtrie du fini, une hypostase de la race comme substitut de l'Absolu, une pathologie narcissique que la psychanalyse de Janine Chasseguet-Smirgel a su nommer avec précision.

C'est cette vérité, spéculativement établie par Hegel dans le Kalvarienberg des Geistes, mystiquement vécue par Simone Weil dans la décréation, philosophiquement démontrée par Maurice Blondel à travers la disproportion constitutive de l'action, existentiellement thématisée par Kierkegaard dans La Maladie à la mort, et psychanalytiquement confirmée par la Spaltung lacanienne du sujet barré, que cet ouvrage s'emploie à construire dans toute sa rigueur. La ligne qui va de Luther à Hegel, de Hegel à Simone Weil, dessine une progression cohérente : non une consolation, mais une phénoménologie exacte de la condition de la créature rationnelle.

La démocratie elle-même y apparaît, au prisme de la pensée de Myriam Revault d'Allonnes sur la post-vérité, comme le régime politique de la theologia crucis : le régime qui consent à ce que la vérité soit faible, qui refuse la puissance imposée, et qui vit dans la permanence de la crise comme le sujet vit dans la permanence du manque. Le droit y est reconnu pour ce qu'il est réellement : un être crucifié, survivant non par sa force propre mais par la conviction fragile de ceux qui refusent que l'injustice ait le dernier mot. La faiblesse structurelle de la vérité n'est pas son défaut : elle est sa marque d'authenticité dans un monde dont la substance est le néant.

L'essai s'achève sur un témoignage existentiel : celui d'un converti de l'islam, philosophe réfugié et précaire caractérisé par un "habitus clivé" (Bourdieu), qui reconnaît dans cette faiblesse consentie non le signe de sa défaite, mais le seul sol depuis lequel une pensée honnête peut se construire.

Un essai de philosophie spéculative, de théologie dialectique et de témoignage existentiel, à la confluence de G.W.F. Hegel, Simone Weil et Jacques Lacan.


François-Yassine Mansour

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