Révolution Sociale de l'IA et Revenu de Base
L’aube spéculative du Revenu de Base : L’Intelligence Artificielle comme vecteur d’une Révolution sociale et juridique à l’Horizon 2035
L’imminence de la révolution induite par l’intelligence artificielle ne saurait être appréhendée comme une simple mutation technique des modes de production, mais doit être conçue, dans une perspective authentiquement hégélienne, comme le moment dialectique où l'Esprit subjectif s'extériorise dans une objectivité machinique capable de se substituer à la praxis humaine. À l’horizon 2035, l’économie politique française sera confrontée au paroxysme de la loi de substitution du capital fixe au travail vivant, processus que des figures comme Elon Musk identifient désormais comme le prélude à une obsolescence radicale du salariat. Cette éviction massive de la force de travail humaine de la sphère de la production marchande ne constitue pas seulement une crise de l’emploi, elle représente l’effondrement du « système des besoins » tel que théorisé dans la Philosophie du droit. Lorsque la médiation par le travail s’évanouit, le lien social contractuel s’érode, laissant place au risque imminent d’une anomie globale ou d’une guerre civile dévastatrice menée par une multitude de sujets exclus, non seulement de la subsistance, mais de la reconnaissance symbolique que conférait l’insertion professionnelle.
Pour conjurer ce spectre de la déliquescence sociale et de la violence convulsive des dépossédés, le passage au Revenu de Base Universel et Inconditionnel s’impose non plus comme une utopie redistributive, mais comme une nécessité ontologique de l’État moderne. Ce revenu doit être compris comme un « Revenu Universel Élevé », une dotation de dignité permettant au sujet de ne plus être une simple marchandise disponible sur un marché atone, mais de devenir un pur sujet pensant capable de se consacrer à la vie de l’Esprit. Juridiquement, cette révolution appellera une refonte systémique de notre ordonnancement normatif, marquant le passage d’un droit de la sécurité sociale fondé sur la cotisation et le risque professionnel vers un droit fondé sur l’existence pure et la dignité humaine. Le fondement textuel de cette mutation se situera dans une interprétation radicale du Préambule de la Constitution de 1946, érigeant le droit à l’existence en norme supra-législative, et dans une modification de l’article L. 111-1 du Code de la sécurité sociale pour consacrer l’automaticité et l’inconditionnalité des prestations. La gestion bureaucratique et infantilisante des minima sociaux actuels, tels que le RSA, devra être abrogée au profit d’un statut de citoyenneté économique universelle, actant la fin de la biopolitique de contrôle des corps au profit d’une garantie de l'autonomie du sujet.
Le financement de ce socle de dignité automatique trouvera sa légitimité dans la captation de la rente technologique. Puisque la valeur ajoutée ne résultera plus de la dépense de force de travail mais de la puissance de calcul et de l’accumulation du capital algorithmique, la fiscalité devra s’opérer par une translation des charges du travail vers une taxe sur la « Valeur Ajoutée par le Calcul » et une contribution sociale sur les robots-actifs. Ce dispositif fiscal visera à redistribuer les gains d’une productivité sans travailleurs, assurant ainsi la pérennité du pacte social par une socialisation de la plus-value automatisée. En l’absence d’une telle transition vers l’inconditionnalité, le sujet malade ou handicapé, le réfugié et le travailleur précarisé se trouveraient confrontés à un Réel traumatique où la survie dépendrait d’une administration devenue aveugle à la singularité des souffrances. L’IA, loin d’être le glas de l’humanité, devient alors l’instrument de son Aufhebung : le moyen technique permettant enfin la libération du temps pour l'étude, la théologie spéculative et la reconnaissance réciproque dans la cité, évitant ainsi que le vide laissé par la fin du travail ne soit comblé par la fureur de la guerre civile.
François-Yassine Mansour
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